journal de bord
juin
semaine 1
JE SUIS BÉNÉVOLE !
mardi 02/06/26 :
Aujourd’hui j’ai passé la journée à l’association pour avancer sur les illustrations du jeu de cartes. Mon objectif est de le terminer avant mon retour en France !
Entre deux illustrations de cétacés j’ai suivi la réunion hebdomadaire du mardi. On a surtout parlé de la Te Moana Fest et de son organisation, l’objectif étant de lister les dernières choses à régler avant l'événement. Marie-Lou et Poe nous ont aussi présenté un peu plus en détails le programme de la journée : les associations qui seront présentes, les bénévoles et leurs postes, et les ateliers qu’Oceania souhaite déployer pour la journée.
mercredi 03/06/26 :
Ce matin direction Pihaena avec Doryane pour une intervention auprès de l’Insitut d’Insertion Médico-Educatif (IIME) Tearama. On y a rejoint Marie-Louise et Nicolas (présent pour les photos !)
L’IIME, implanté à Tahiti, était présent à Moorea pour ce qu’ils appellent un “transfert”, c’est-à-dire un séjour hors du cadre institutionnel. Le but de leur transfert d’une semaine : découvrir des associations locales, participer à des ateliers, en apprendre davantage sur l’océan.
Nous avons donc eu 2 heures pour proposer un atelier à un groupe d’une dizaine de jeunes dont la moyenne d’âge était de 15 ans.
On les a retrouvé à leur logement, dans les locaux du centre culturel Puna Reo à Pihaena (avec la vue sur le lagon !)
La séance a commencé par une introduction sur les baleines et les dauphins. Marie-Louise leur a fait découvrir les différences entre les cétacés à dents et les cétacés à fanons ; on leur a fait passer quelques échantillons de squame, le pou de baleine et toucher les fanons ; on leur a parlé un peu plus en détail de la baleine à bosse et de son voyage annuel des eaux froides vers les eaux chaudes ; puis on leur a proposé d’écouter les sons émis par ces cétacés.
Pour se rendre compte de la longueur réelle d’une baleine à bosse, on a sorti la corde qui représente sa taille. Deux jeunes du groupe ont déroulé la corde, mais on n’en voyait pas la fin ! Il fallait slalomer entre les tables et les poteaux de la terrasse, se coller aux voitures pour en dérouler l’entièreté. Ensuite on s’est tous tenu la main et on a écarté les bras le long de la corde pour comptabiliser le nombre de personnes qu’il faudrait pour faire la même taille que la baleine.
Et finalement, même nous, avec Doryane et Marie-Louise, étions choquées de la grandeur de l'animal ! En ayant vu dans l’eau, je ne me suis pas rendue compte de la longueur exceptionnelle de ce cétacé, mais repositionner sa taille dans un environnement terrestre avec des repères (murs, tables, poteaux…) et non dans l’immense grand bleu de l’océan nous a fait réaliser que ces cétacés sont vraiment des géants des mers.
Ensuite nous avons sorti la fresque de la migration de la baleine à bosse. Chacun leur tour, ils ont essayé de positionner une carte de cette fresque au bon endroit de la migration de la baleine (l’action se déroule-t-elle en Antarctique ? en Polynésie ? lors de la migration ? un peu partout ?).
Et pour finir la séance sur une note créative, c’était à leur tour de réaliser une fresque de la migration de la baleine ! Les jeunes ont été séparés en 3 groupes : l’un s’occupait de dessiner ce qu’il se passe en Antarctique, un autre s’occupait de peindre ce qu’il se passe dans le vaste océan entre l’Antarctique et la Polynésie, et un dernier s’occupait d’illustrer ce qu’il se passe en Polynésie.
Les 3 feuilles assemblées donnent alors une image globale de la migration de la baleine à bosse !
Ils ont adoré réaliser cette fresque collective et artistique !
On a terminé la matinée avec une photo générale de tout le groupe et c’était déjà l’heure de repartir.
J’ai beaucoup apprécié cette intervention parce qu’elle change de celles que j'ai pu faire auparavant.
Le cadre était plus informel, plus détendu, et j’ai senti que les jeunes comme leurs encadrants étaient ravis de ce qu’ils découvraient et réalisaient. J’ai ressenti beaucoup de bienveillance entre les encadrants et les jeunes, et envers nous aussi ; l’échange était fluide, respectueux et super intéressé et intéressant ! Ils étaient super fiers de nous montrer leurs réalisations du début de semaine et la baleine en papier mâché de 2 mètres qu’ils ont suspendue dans leur salle de classe.
Les jeunes m’ont aussi parfois impressionnée par leur mémoire sur certains sujets, pourtant abordés très rapidement !
+ d’infos :
L'IIME (Institut d'Insertion Médico-Educatif) est un établissement public administratif qui accueille enfants, adolescents et jeunes adultes avec une déficience intellectuelle. C’est un établissement médico-social spécialisé, qui vise à l’autonomie et la protection de la personne, à la cohésion sociale, à l’exercice de la citoyenneté, à la prévention des exclusions et la correction de ses effets.
Pour qui :
L ’établissement est autorisé à prendre en charge des enfants et adolescents âgés de 6 à 20 ans.
Il a pour mission d’accueillir, sur la Polynésie, les enfants souffrant de déficiences intellectuelles avec ou sans troubles associés et de les accompagner sur le plan éducatif, pédagogique et médico-social en leur proposant une prise en charge réaliste, individuelle, adaptée et des activités personnalisées.
Les services de l’IIME :
action éducative, sportive et d’apprentissage,
suivi médical, paramédical et psychologique,
scolarité adaptée et individualisée,
transport du domicile au site d'accueil et retour,
restauration le midi fournie par un traiteur,
service d’entretien.
Les partenaires de l’IIME :
la Commission Territoriale de l’Enseignement Spécialisé (CTES),
la Caisse de prévoyance sociale (CPS),
l’Éducation,
la Direction des Solidarités de la Famille et de l'Égalité (DSFE),
la Commission Technique d'Orientation et de Reclassement Professionnel (COTOREP),
les fédérations sportives,
les associations et les entreprises privées.
les communes, le secteur de la Santé…,
jeudi 04/06/26 :
Aujourd’hui j’ai poursuivi les illustrations pour le jeu de cartes, mais cette fois-ci depuis chez moi.
J’ai terminé les illustrations pour deux “familles” sur quatre : celle de l’Antarctique et celle de la Polynésie.
Alors, pour voir un peu ce que ça rend en cartes, vérifier qu’il n’y ait pas besoin d’ajuster quelques petites choses, et surtout être satisfaite de mon travail, j’ai commencé la mise en page pour ces deux familles ! Je suis plutôt contente du résultat des illustrations, la mise en page reste encore à modifier mais je suis sur une bonne lancée !! Ça m’a motivée à poursuivre mon travail.
vendredi 05/06/26 :
Aujourd'hui je suis retournée à l'asso pour poursuivre mes illustrations, mais j’ai finalement surtout aidé à finaliser les derniers préparatifs pour l’évènement de demain : réalisation d’affichettes pour empêcher le public de cueillir les fleurs du terrain, inscription sur un panneau à la craie pour indiquer le parking, perçage des panneaux zéro-déchet en alu pour les suspendre, découpage de tissu pour fabriquer des tours de cou pour les organisateurs de l’évènement, préparation du matériel pour les ateliers…
On est presque fins prêts pour célébrer l’océan demain !
samedi 06/06/26 :
Aujourd’hui c’est la Te Moana Fest !
Rendez-vous 6h sur le lieu de l’évènement pour décharger le matériel, déployer les chapiteaux et les tables, réceptionner les dernières choses à installer, décorer la scène, suspendre les panneaux, préparer le stand et les ateliers, placer les fontaines et les charger en eau… C’est l’équipe Oceania qui a tout installé (malgré le fait qu’on soit 4 assos organisatrices, seule Oceania était présente aussi tôt…).
Les assos invitées ont ensuite commencé à arriver pour installer leur stand. En plus des associations organisatrices (Reva Atea, To’a Hine Spearfishing, Parent Autrement et Oceania) étaient présentes une 12aine d’associations en lien avec l’océan et sa protection :
la fondation science 4 reef (récifs coralliens)
la ma’o mana foundation (requins)
te mana o te moana (tortues)
Ocean Shiver (anciennement AREMP) et IREMP (requins)
Moana Ora (dauphins)
Te Aho To’a (taramea)
marepolis
kuhane o hiva
veia rai
archeology and more / coco l’archéo
Pour l’évènement nous avions aussi 3 ambassadeurs-influenceurs : Rachel Moutame, Théo Bertrand, Tikanui Smith.
Rachel est originaire de Moorea. Assistante dentaire, elle a reçu le prix coup de coeur lors de l’élection de miss tahiti 2025, et depuis elle partage sa vie authentique sur les réseaux : elle filme les vaches de son jardin, partage des évènements culturels sur lesquels elle se rend,... Elle est très impliquée au niveau culturel mais aussi environnemental : elle a par exemple été membre de Te Mana o Te Moana.
@rachel_moutame
Théo vient de France. Avant de devenir créateur de contenu et de s’installer à Tahiti, il était acteur. Il a notamment joué dans La Guerre des boutons (2011) quand il était plus jeune, et tenait aussi le rôle de Kévin Bélesta dans Plus belle la vie (2014-2022). Son histoire en Polynésie commence en 2024 avec son voyage en bateau-stop : il a rejoint Grenoble à Tahiti en bateau. Depuis il participe activement aux évènements locaux, qu’ils soient culturels ou environnementaux, et collabore avec des créateurs de contenu originaires de Tahiti.
@theobertrand_
Tikanui est surfeur professionnel originaire de Moorea. Il a lancé Tikanui Studio, une expérience de réalité virtuelle compilant ses sessions de surf des dernières années. Une expérience à vivre sur terre qui pourrait intéresser un public à mobilité réduite. mais aussi aux jeunes qui n’ont pas la chance de faire beaucoup d’activités en dehors de chez eux. Le surf est une première étape : il aimerait proposer d’autres expériences pour faire découvrir la richesse des paysages de Tahiti, côté mer mais aussi côté montagne. Une application est également en cours de développement.
@tikanuismith
En amont de l’évènement ils ont communiqué autour de la journée pour inciter leur audience à venir jeter un oeil sur les stands. Aujourd’hui, ils ont participé aux ateliers, filmé et pris des photos pour partager en direct l’évènement. Après cette journée, ils parleront de ce qu’ils ont vu et publieront quelques clichés et vidéos de ce qu’ils ont vécu.
À 8h c’était le lancement de la journée : les premiers visiteurs sont arrivés ainsi que les 190 enfants des maisons de quartier.
L’évènement a démarré avec une cérémonie d’ouverture : mot du tavana (maire) de Haapiti, mot des organisateurs, rappel de l’importance de l’océan dans la culture polynésienne, prière… Puis le public a été invité à visiter les stands.
Pour l’évènement, Oceania avait prévu :
un stand pour expliquer les actions de l’association et une boutique
l’atelier Anti-collision, géré par Anaïs
le jeu Dorsales et Caudales, géré par Tuiterai
la Bataille des tohora, gérée par Manola
l’atelier d’écoute sous-marine, géré par Marie-Louise, Doryane et moi
Notre atelier d’écoute sous-marine a pas mal plu ! Nous étions dans l’eau, à côté de l’atelier d’apnée proposé par To’a Hine.
Cet atelier, un peu spécial par rapport à ce qu’on fait d’habitude, propose d’écouter les sons des cétacés en immergeant ses oreilles dans l’eau. Le but : que les joueurs identifient le son : est-ce celui d’un cétacé à dents ou celui d’un cétacé à fanons ?
Pour ça, grâce à deux enceintes étanches qu’on immerge dans l’eau, on diffuse les vocalises d’un cétacé précis. L’asso possède une sonothèque assez complète d'émissions sonores de divers cétacés (orque, baleine à bosse, baleine bleue, dauphin à long bec, cachalot…) !
Les retours qu’on a eu de cet atelier sont tous très positifs : pour ceux qui se sont immergés complètement dans l’eau, ils disent que c’est magique et qu’ils ont vraiment l’impression d’avoir eu l’animal à côté d’eux. Beaucoup ont découvert leurs sons, jamais entendus auparavant.
Ceux qui n’avaient pas prévu de maillot ont quand même pu faire l’activité : on avait prévu des frites pour aider les personnes à flotter, mais des enfants ont détourné leur usage pour écouter grâce à elles ! Les frites étaient percées au centre dans la longueur, ce qui permettait au son de passer : une extrémité de la frite collée à l’oreille, l’autre immergée dans l’eau près de l’enceinte étanche. L’expérience est moins immersive mais marche tout autant !
Au total sur la journée, notre atelier a sensibilisé plusieurs groupes d’enfants des maisons de quartier, quelques 10aine de personnes du grand public - touristes comme locaux, et nos 3 ambassadeurs-influenceurs.
Les bénévoles, les associations présentes et les enfants des maisons de quartier ont bénéficié d’un buffet polynésien pris en charge par les associations organisatrices et préparé par le snack Autea. Les visiteurs, eux, avaient à disposition 3 roulottes locales pour se restaurer !
14H annonçait la fin du village associatif et des ateliers et le début du spectacle acrobatique de Currents, une troupe d'artistes de cirque qui parcourt les océans en voilier pour partager un message d’union autour du thème de la protection de l’environnement et du changement climatique.
@currents4climate
Pendant ce temps-là, nous avons rangé nos stands et ateliers, replié les chapiteaux, rangé les tables et tout regroupé à un endroit, interdit au public.
Enfin, à 15h c’était au tour du groupe de musique Buenos Amigos d’enflammer la scène. Malgré leur nom espagnol, le groupe est local et ses 7 musiciens et chanteurs partagent la musique tahitienne !
@buenosamigos
On a profité du son des guitares pour finir la désinstallation en musique pendant que le public profitait du concert.
À 16h45 c’était la fin de l'événement, les derniers bus organisés par Parent Autrement pour faire le tour de l’île et transporter les enfants comme le grand public sont partis du lieu. Il ne restait plus qu’à finir de ranger et surtout à charger les voitures !
À 17h30 c’était terminé, et on a pu rentrer dormir après une longue journée de travail !
Au total sur la journée, ce sont 200 personnes du grand public qui sont venues sur l’évènement et 190 enfants des maisons de quartier ; ce qui fait autant de personnes sensibilisées à l’océan, sa protection et les actions réalisées par les associations en ce sens !